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Trois questions à Georgorz Karnas

Quel est votre parcours ?
J'ai toujours voulu dans la vie faire les choses à ma façon probablement pour garder l'illusion que j'étais capable de rester indépendant sur cette planète... J'ai essayé la guitare classique pour en comprendre le jeu en reproduisant le concept musical du compositeur et cela ne m'a donné que peu de liberté notamment en termes d'interprétation. Cet aspect fut trop contraignant pour me permettre d'exploiter l'abondance des idées musicales que je portais en moi bien qu'étant capable de me référer musicalement de manière libre au large spectre des phénomènes que j'apprécie tout particulièrement dans la musique. Par ailleurs, j'ai toujours été envahi par le stress à l'idée de devoir faire les choses exactement comme elles étaient planifiées. En ce sens, le Jazz fut un choix évident. Mon aventure en tant que musicien de jazz commença avec les standards. J'ai rejoins une formation en me proposant comme chanteur. Chanter "l'idiome" jazz me sembla naturel au point que l'étape suivante fut d'entrer au conservatoire. C'est là que j'ai finalement appris ce que je n'aimais pas dans la musique, en particulier son aspect technique, c'est-à-dire, moi obéissant aux impératifs techniques avec les conséquences que cela peut avoir sur le flux de la musique. Durant cette période, j'ai rencontré de grand musiciens dont certains travaillent sur mes projets. Des années après mon diplôme au conservatoire j'ai évité de chanter étant incapable de trouver d'y trouver du plaisir. J'ai eu besoin d'une forme de "désintoxication" et je l'ai faite en réfléchissant au medium musical qui me correspondait le mieux en tentant de me définir mentalement, physiquement et spirituellement. Depuis, faire de la musique est quelque chose de très personnel sans recette prête à l'emploi.

Quelles musiques vous ont influencé ?
J'ai toujours aimé la musique. Enfant, encore innocent, j'aurais chanté tout ce qui arrivait à mes oreilles (chants des soldats communistes, rock polonais, poésie, sea songs, chants scouts, disco...). Je me souviens n'avoir pas été particulièrement attiré par le jazz étant enfant. Mais c'est le cas de bien des enfants. Je me demandais ce qu'était cette musique lorsque j'écoutais sporadiquement la radio nationale polonaise. Elle me semblait totalement abstraite et je ne pouvais évidemment pas la qualifier ainsi à l'époque. Elle me paraissait étrange. Et même froide à cause du niveau d'incompréhension lié au fait que le langage jazz est est trop éloigné de l'esprit intuitif de l'enfant. Mais la clé permettant l'ouverture au jazz fut trouvée dans mon besoin de nouveauté. Je l'ai simplement laissé venir à moi pour l'explorer à l'aune de la musique que je connaissais alors. Elle devint alors transparente et évidente. J'avais besoin de neuf et le langage jazz paraissait en avance et me semblait délicatement complexe. Je pris beaucoup de plaisir à l'écoute de toutes sortes de musiciens en commençant par les instrumentistes pour voir une image plus large en émerger. Mon premier choix se porta sur la guitare jazz. Puis vinrent les chanteurs. Ceux "dont je viens" sont nombreux : Carmen Mcrae, Cassandra Wilson, Bobby Mc Ferrin, Billie Holliday, Frank Sinatra, Dianna Krall, Kurt Elling, Joe Williams, Dianne Reeves, Patricia Barber, Mark Murphy, Ella Fitzgerald, Etta Jones, Betty Carter, Chet Baker et d'autres encore dont certains grands chanteurs polonais qui me fascinaient. Je n'étiquette pas la musique mais j'en distingue deux catégories : bon ou mauvais...

Quels sont vos projets ?
J'ai commencé avec un quintet classique (piano, sax, contrebasse, batterie, voix) en jouant des standards que j'ai moi-même arrangés. Puis j'ai utilisé le même type de formation pour jouer mes propres compositions en polonais. Depuis que j'ai eu la possibilité de chanter en club à New York et à Chicago j'ai revu mon jugement concernant le fait de chanter en anglais pour un public polonais. C'est pourquoi j'ai décidé d'utiliser les éléments du jazz dont je suis familier et de les mêler avec les textes en polonais que j'ai écrits. J'ai pu alors me rapprocher des auditeurs sans condamner l'incompréhension de certains, incompréhension relative à la confrontation à une langue étrangère. Aujourd'hui, je reviens aux standards américains et à la langue anglaise dans la mesure ou elle est devenue la "langue officielle" des populations de l'Est. L'anglais est simplement parlé partout.
Je joue maintenant dans ce que j'appelle un "voix violoncelle quintet", formation dont le coeur est le duo violoncelle-voix. C'en est la force principale. Certaines compositions ont d'ailleurs été écrites pour le violoncelle et la voix. J'y ai ensuite ajouté les autres instruments, l'interaction musicale permettant d'enrichir cet acte premier. Le violoncelle apporte quelque chose de tout à fait original. J'ai donc décidé de l'utiliser sur la base de mes albums existants en y ajoutant de nouveaux morceaux prévus pour un projet à venir dès l'année prochain.

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Adhésion

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